Terre des oublis de Duong Thu Huong (Roman)

Terre des oublisJe ne connaissais le Vietnam qu’à travers les cours d’histoire ou les films américains sur la guerre.. jusqu’à Terre des oublis de Duong Thu Huong. J’ai plongé dans ce pays, sa culture, sa nature, ses traditions, ses contradictions.. J’ai été subjuguée par cette histoire dramatique relatée de façon si poétique avec de nombreuses métaphores liées à la nature, à la mer, à la montagne, aux saisons… L’intrigue se passe à la fin du XXe siècle, c’est-à-dire après guerre.

Histoire : Alors qu’elle rentre d’une journée en forêt, Miên, une jeune femme vietnamienne, se heurte à un attroupement : l’homme qu’elle avait épousé quatorze ans auparavant et qu’on croyait mort en héros est revenu. Entre-temps Miên s’est remariée avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu’elle aime et avec qui elle a un enfant. Mais Bôn, le vétéran communiste, réclame sa femme. Sous la pression de la communauté, Miên retourne vivre avec son premier mari.
Au fil d’une narration éblouissante, l’auteur plonge dans le passé de ces trois personnages, victimes d’une société pétrie de principes moraux et politiques, tout en évoquant avec bonheur la vie quotidienne de son pays, ses sons, ses odeurs, ses couleurs…

Ce livre traite d’amours, surtout malheureux, à sens unique ou impossible, et du lien que représente un enfant. Il rappelle qu’il faut s’aimer pour pouvoir vivre ensemble, malgré la tradition et la pression sociale. Dans cet Etat communiste, ces dernières pèsent fortement sur chaque individu. Il y a des choses qui se font et celles qui ne se font pas. Le jugement social sur les comportements de chacun est permanent et fait l’objet de discussions et débats entre les gens de ce village de campagne. Les anciens soldats sont des héros dont on est fier. Mais la société évolue. Même si le système politique est communiste, la réussite commerciale est valorisée. Les liens de solidarité restent forts, on se soutient, on s’entraide comme on peut et tout le monde s’appelle « oncle », « grand frêre » ou « tante ». La pauvreté reste très prégnante et les écarts de richesse grands.

Les trois personnages principaux sont embourbés dans une situation qui ne leur convient pas et sont impuissants à en sortir du fait de la pression sociale et de leurs croyances qui les destinent à être malheureux. La femme est limitée à une place dévalorisante : soutien de la famille, travailleuse qui aide son mari, femme sacrifiée aux traditions ou méprisée, prostituée… Le soldat revient traumatisé par la guerre, ses errances dans la jungle, et pauvre malgré le sacrifice de sa vie pour le pays.

Le rythme du livre est volontairement lent et permet de s’imprégner de la beauté des paysages, de la richesse de la cuisine vietnamienne, et surtout des états d’âme de chacun des personnages principaux.

Je vous recommande vivement ce roman. De mon coté, je vais prolonger cette lecture par la dégustation de spécialités vietnamiennes…

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