Changement de vie professionnelle : première chronique d’une nouvelle entrepreneuse !

Je le muris depuis des années… et depuis quelques mois, je me suis lancée : je passe de salariée à porteuse de projet avec l’ambition de devenir entrepreneuse !

Avant, j’étais donc salariée… Quand j’étais petite, on m’a souvent répété que je devais bien travailler à l’école pour pouvoir choisir mon métier et bien gagner ma vie. J’ai complètement intégré cette croyance et, besogneuse, j’ai étudié et suivi un parcours universitaire jusqu’à obtenir mon diplôme de Bac + 5 ! Le Graal ! Le Graal ? Vraiment ? C’est ce que je pensais… je croyais qu’après avoir réussi concours, examens et diplômes, la vie professionnelle coulerait de source…. A moi, un boulot plaisant, un statut social de cadre et un bon salaire ! Lacune dans l’enseignement que j’avais suivi, personne ne m’avait dit que la vie professionnelle est aussi une lutte… et qu’elle est loin d’être facile à gagner !

Bac+5 avec une année à l’étranger certes, mais aucune expérience professionnelle hormis les petits jobs d’été qui n’intéressent personne… D’où une bataille acharnée pour décrocher mon premier stage ! Ca a beau être un stage, donc une période sensée être d’apprentissage, les entreprises voulaient des jeunes déjà expérimentés et quasiment autonomes… gloups ! Une entreprise désespérée a quand même choisi de me recruter (en stage)… Allellouia ! C’est parti pour toute la vie ? 

Pas tout à fait et en plus à quelles conditions… Durant 10 ans de vie professionnelle, j’ai assisté à des guérillas, des putsch, à des actions irrationnelles, à des discriminations, à des caprices, à de l’injustice, à de la lâcheté, à de l’égoïsme, à des ordres qui demandaient soumission et obéissance, à du mépris, à de l’incohérence, à de la politique de bas étage, à de la violence verbale et psychologique, et ce, sans scrupule ni remords…. Bref, la vie professionnelle comme lieu d’expression de tous les défauts les plus affreux de chacun, bref une sorte de concentré de la face noire de l’humanité…

Motivée, consciencieuse et perfectionniste… J’ai travaillé d’arrache pied, pour faire un travail de qualité avec des résultats et surtout faire face à ma charge de travail toujours plus importante : tant que la mule avance pourquoi la décharger ?

J’y ai aussi trouvé mon compte. Parfois, pas du tout, car l’ennui et des gens que je n’appréciaient pas régnaient sur mon quotidien professionnel. Parfois, j’ai appris des choses, j’ai côtoyé des personnes sympas qui sont devenu.e.s des ami.e.s, j’ai gagné (plus ou moins) d’argent (selon les entreprises), j’ai eu une sécurité financière à partir du moment où je suis passée en CDI…

Mais il y avait beaucoup de désagréments qui faisaient que, le soir, tous les soirs, je sortais du travail non seulement éreintée mais aussi en colère, peinée, stressée… L’esprit encombré, je ruminais les soucis de la journée toute la soirée et toute la nuit.. Et le lendemain, ça recommençait ! Le cycle infernal !

Un jour, j’ai pris conscience que mon travail n’était pas celui d’un chirurgien cardiaque. Je ne sauvais pas des vies. Je faisais gagner de l’argent, toujours plus d’argent, à des actionnaires et des dirigeants… alors que mon quotidien professionnel se dégradait peu à peu : toujours plus de travail et de stress…. Et on me demandait de dire « Merci » à mon employeur qui me sauvait de la crise et du chômage… A partir de ce moment là, comment se motiver ?

Je vous raconterai la suite dans une prochaine chronique ! ; )

 

2 commentaires sur “Changement de vie professionnelle : première chronique d’une nouvelle entrepreneuse !

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  1. Chronique tellement vraie, qui résume à merveille la désillusion de nombre d’entre nous… Cette classe d’âge à laquelle on a promis monts et merveilles en échange d’un cursus supérieur et de quelques diplômes réputés valables. Les prescripteurs, nos aînés, enfants des 30 glorieuses, n’avaient pas anticipé les crises financières, la pression croissante dans les entreprises, la montée du chômage, ou encore l’arrivée puis l’omniprésence des nouvelles technologies, qui rendent le salarié joignable, donc captif.
    En écho de ce témoignage, je peux évoquer rapidement mon cas.

    Quelques années en fac, à étudier le droit puis l’histoire, avant de me tourner vers une école de journalisme, dont je suis sorti avec un Bac + 4, peu d’acquis, mais un début de réseau. Une route toute tracée dans ce milieu, attirant a priori. Les hasards de la vie m’ont permis d’évoluer pendant douze ans dans la presse professionnelle axée sur la restauration. Quand j’expliquais aux gens ce que je faisais dans la vie, ils me regardaient avec de grands yeux ébahis, mi-rêveurs, mi-envieux. « Mais alors, tu es payé pour aller au restaurant? » « Tu peux nous conseiller une bonne table? «  »T’en as de la chance, tu cherches pas quelqu’un ? » Il y avait presque, sans exagérer, une sorte de fierté à raconter que l’on avait rencontré un « journaliste gastronomique ». Le prestige de la fonction m’a toujours un peu échappé ! Bien traité, statut de cadre, horaires souples, télétravail possible en fonction de l’humeur et en tenant compte des inévitables réunions où il ne se passe rien mais où l’on dit tant, RTT à la pelle, salaire en conséquence, grandes tables et beaux hôtels ouverts sans toucher les oursins qui chatouillent mes poches… Sympa non ?

    Ben non, pas tant que ça. Les gueguerres pour grapiller un bout de pouvoir, les putsch minables, les jeux de pouvoir, les rancunes larvées, l’incapacité à communiquer normalement, « je te parle, tu me réponds », ont fini par me faire comprendre que je n’étais pas fait pour porter ce masque. Beaucoup s’en accommodent durant toute leur carrière, considérant que cela fait parti du jeu. Ils n’y prêtent plus attention, et cessent de jouer leur rôle sitôt franchie la porte du bureau, pourvu qu’ils ne soient pas chefs de service.
    L’incompétence, aussi. Et la mauvaise foi qui va avec. Celle qui ferait se battre des montagnes pour ramasser quelques miettes. Et pour aller où ? Personne ne le sait.
    L’évolution structurelle de la fonction, enfin. Produire toujours plus de « contenus », « rewriter » encore et toujours, écrire « pour le web », mais en faisant attention de truffer les articles de répétions, hein, tu comprends, c’est important pour Google. Euhhh… Alors, nous ne parlons plus du même métier, je crois, Kevin.

    Donc, l’idée germa. Et si le cadre toutes options confort sautait le pas et devenait entrepreneur ? Après tout, quelques années d’ancienneté mises bout à bout, ça laisse de quoi voir venir… Et une rupture conventionnelle, ça ouvre des droits au chômage, non ? Tiens, tiens… Non, il ne s’agissait pas de me la couler douce pendant un an et demi, puis de cherche un nouveau job. Plutôt de voir si je pouvais, par moi-même, vivre, garder mon train de vie, et, surtout, faire ce qui me plaisait, sans rendre de comptes à qui que ce soit. Est-ce que c’était encore possible, en France, en 2016 ? Challenge ? Allez, hop !

    Et c’est parti pour une nouvelle vie. Fini le strass mais aussi le stress… Se réinventer, réorganiser sa vie, ses habitudes, penser différemment sa relation au travail, pour créer ce que l’on souhaite réellement. C’est possible, du moins je le pense aujourd’hui. Monter sa boîte, voilà une belle aventure!

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  2. C’est usant de travailler pour les autres, quand on n’a pas un juste retour, par rapport à l’énergie que l’on met dans la machine. Je peux largement comprendre que l’on décide de se lancer dans sa propre affaire… Mais cela demande de l’audace et du courage ! Je t’en souhaite plein, et surtout beaucoup de succès. 🙂 Mon homme a été à son compte quelques années comme Webmaster. C’était une belle expérience.

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